Inédites

Plusieurs maximes inédites ont été conçues spécialement pour Internet et devraient être publiées avec d’autres dans les prochains mois aux éditions du Livre unique.

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Encadrés…

Encadrés par nos incalculables obligations du quotidien, nos rêves de gloire et d’épopée, hérités d’antiques lectures, semblent condamnés à demeurer dans un état de virtualité passive, à devenir une sorte de rêverie intime et enragée. Cette énergie toute onirique et personnelle a cependant le mérite de nous armer chaque matin du sourire de fossile qui nous donne le courage des défier les montagnes d’égoïsme et les moulins hurlants de notre orgueil. Et, pour peu que l’on trouve un chemin dans notre monde de violences obscures, elle fait surgir des étincelles à chacun de nos pas.

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Le savoir…

« Le savoir, c’est le pouvoir et l’ignorance, c’est l’impuissance » rappelle Renée Vivien. Il apparaît aussi qu’un savoir véritable répugne au pouvoir et qu’une puissance excessive conduit à l’ignorance.

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S’il ne trouve personne…

S’il ne trouve personne pour tourner vers lui ses projecteurs de lumière, il n’est aucun talent qui ne reste cloisonné dans son ombre pour toute demeure solitaire et silencieuse.

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Les mots que tu m’envoies…

Les mots que tu m’envoies sont pareils aux guirlandes qui illuminent les sapins quand vient l’hiver. Et les phrases que tu murmures font un sérum qui protège des blessures, quel que soit l’endroit où me porte ma course.

mots

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La lecture nous apprend aussi…

La lecture nous apprend aussi à maîtriser nos émotions, elle nous conduit peu à peu à une forme de quiétude. En effet, lorsque l’excitation est trop forte, lorsqu’on est pris d’un accès de nervosité, il est inutile d’ouvrir un livre pour tenter de le lire : les mots sont morts.

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On n’obtient rien…

On n’obtient rien sans renoncer à autre chose. Avant de savourer les fruits délicieux que l’on a choisis, on doit longtemps se contenter des fruits âpres de nos concessions.

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C’est parce qu’il nous berce…

C’est parce qu’il nous berce dans un mouvement qui rappelle le flux et reflux des vagues sur le sable que le transport ferroviaire est si propice à l’imagination. Les paysages qui coulent à la fenêtre comme une rivière évoquent les perspectives infinies de l’océan et l’air comblé des vents marins.

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Celui-ci est un cacatoès…

Celui-ci est un cacatoès qui rêve de flamands roses et de plages en Australie pour échapper à la misère de sa solitude et à la tristesse de ses illusions perdues. Toute sa vie il chante son interminable course à travers une forêt obscure où ses seuls guides sont les chimères qu’il s’invente et les cris stridents des hiboux qu’il imite.

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Le seul texte…

Le seul texte qui intéresse le critique littéraire est celui qu’il écrit. C’est en cela qu’il nous ressemble, c’est ce qui le rend si familier, et qui nous amène peu à peu à considérer son jugement.

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À la fin…

À la fin d’une journée de travail, on est épuisé, las des mille sollicitations, des mille humiliations auquel nous expose l’orgueil tout-puissant des uns et des autres. Il faut tout le noir d’une longue nuit pour raviver la lumière qui illumine chaque matin, et qui s’éteint à mesure que nos jours se consument.

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Le seul pouvoir…

Le seul pouvoir qui soit absolu, qui ne connaisse pas d’opposition ni aucune résistance est celui qui dirige nos pensées, nos réflexions, et parfois notre plume. Le monde des idées est un lieu où s’exprime une totale liberté, qui reste pleine et entière jusqu’au dernier jour.

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